Les soins aux personnes âgées : un défi du futur?

Jeudi 28 mars 2013 ( 9H - 18 h ) - Centre des congrès de Mescoat - Landerneau

Docteur Nelly LE REUN

Gériatre, Chef de pôle personnes âgées - Médico-social ( CHRU Brest )

Docteur Alain GAMBIEZ

MCU-PH Odontologie conservatrice endodontie - Faculté de chirurgie dentaire de Lille

Docteur Grégoire MAYER

(en collaboration avec le Dr Thierry DELCAMBRE )

MCU-PH Service de prothèse - Faculté de chirurgie dentaire de Lille

Docteur Nelly Le Reun

Au cours de ce siècle, l'accroissement de l'espérance de vie est spectaculaire avec pour conséquence une augmentation majeure du nombre de personnes âgées dans la population.
Au marqueur quantitatif de l'espérance de vie s'ajoute celui de l'espérance de vie sans incapacité qui pondère la durée de vie par un critère de qualité de vie.
Vieillir est une chance pour chacun d'entre nous. De plus en plus de personnes âgées vieillissent en bonne santé .Mais vieillir fragilise la personne sur le plan physique et fonctionnel et « bien vieillir » est un défi à relever et un objectif réaliste pour beaucoup.
Cependant il n'y a pas un mais des vieillissements. Les différences individuelles s'expliquent par nos gènes, notre environnement, nos comportements.
Avec l'accroissement des connaissances sur le processus de vieillissement, nous évoquerons les possibilités d'intervention qui existent
L'âge va majorer des maladies déjà installées ou va en révéler d'autres (diabète type 2…).
Nous présenterons les principaux problèmes de santé à l'origine des limitations d'activités des personnes âgées (maladie d'Alzheimer, ostéoporose, chutes ) tout en réaffirmant que le vieillissement ne doit pas se réduire à la dépendance.

L'odontologie restauratrice et l'endodontie chez les personnes âgées: un défi du futur?
Dr. Alain Gambiez

L'Odontologie Restauratrice et l'Endodontie peuvent améliorer significativement le confort masticatoire et le confort de vie de nos ainés.

Associée à un contexte médical rarement favorable, la dent vieillissante bénéficie par son hyperminéralisation et par l'atrophie pulpaire d'un relatif isolement vis à vis des agressions externes, ce qui peut ralentir leur progression. Toutefois le bilan biologique pulpaire de la dent vieillissante est peu favorable. L'immunocompétence pulpaire affaiblie majore le risque infectieux. L'atteinte pulpaire irréversible s'opère en silence ce qui masque son diagnostic.

Dans ce contexte, les protocoles de traitement consistent en premier lieu à éviter les maladies. Les causes de la maladie carieuse et de l'usure pathologique des dents sont souvent multiples et difficiles à appréhender. Les résultats de la prophylaxie dentaire individualisée, qui doit être mise en œuvre systématiquement, ne sont pas toujours probants.

Les lésions carieuses des séniors s'observent surtout dans la région cervicale. Aux thérapeutiques restauratrices conventionnelles, invasives par nature, il faut préférer des options de restauration du cristal d'hydroxyapatite. Diverses formes d'applications topiques d'agents médicamenteux (fluor, chlorhexidine, xylitol...) doivent être exploitées. Toutefois, cette approche n'apporte pas de solution à d'éventuels problèmes esthétiques.

Le recours à des protocoles chirurgicaux fait intervenir des matériaux adhésifs ayant pour certains des propriétés bioactives. Dans des situations cliniques souvent complexes, l'isolation cavitaire est un élément clé du succès des restaurations.

Le traitement endodontique de la dent vieillissante est un acte difficile, chronophage et nécessitant une plateforme technique considérable. La reconstitution pré-endodontique s'avère souvent nécessaire. L'atrophie pulpaire et les minéralisations intrapulpaires rendent l'accès à l'espace endodontique incertain. Des aides optiques sont d'un grand secours pour relever ces challenges.
Une dent naturelle sauvegardée contribue au ralentissement du vieillissement par dénutrition des personnes âgées. Une dent à l'état de racine traitée endodontiquement maintient le capital osseux et peut améliorer le confort d'une prothèse amovible.

Les patients âgés ont une aptitude très aléatoire à s'impliquer dans les thérapeutiques mises en œuvre. Dans un contexte socioéconomique défavorable, le repérage des ainés les plus à risque est essentiel afin d'assurer une prise en charge et une maintenance aussi efficaces que possible.

Stabiliser les prothèses amovibles partielles et complètes du patient âgé
Dr Grégoire Mayer

Satisfaire le patient en prothèse amovible, c'est d'abord lui délivrer une prothèse en accord avec le résultat esthétique qu'il escompte. Mais ce critère n'est pas suffisant à lui seul, car peu de patients oseront sourire à pleines dents si la stabilité de leur prothèse n'est pas au rendez-vous !

En prothèse amovible partielle particulièrement, le choix est parfois difficile à faire entre l'indication d'un crochet sur une dent visible lors du sourire et nuisant à l'esthétique, ou sa suppression qui nuirait à la stabilité de la prothèse. C'est pourquoi la conservation de racines trop fragiles pour la reconstitution de couronnes fraisées, mais exploitables comme support de coiffes paraboliques ou d'élément de rétention, peut permettre d'améliorer la sustentation et la rétention des prothèses amovibles tout en préservant un résultat esthétique nettement supérieur à la pose d'une couronne et d'un crochet. Chez la personne âgée particulièrement, la conservation de ces racines peut constituer une étape essentielle de la réussite du traitement. En effet, poser l'indication d'extraction chez ces patients souvent vulnérables, c'est non seulement augmenter la durée du traitement en raison des périodes de cicatrisation souvent allongées, mais c'est encore entraîner le patient dans la spirale interminable de la résorption osseuse alvéolaire. Cette dernière est particulièrement importante les premières années qui suivent l'extraction, nécessitant de ce fait des réadaptations régulières des bases prothétiques.

Cette remarque se justifie également en prothèse amovible complète (PAC), où la conservation des racines permet de maintenir des volumes de crêtes séduisants pour la stabilisation des prothèses. Certes, la pose de deux implants dentaires est devenue la norme pour stabiliser les PAC mandibulaires, mais comment faire chez la personne âgée anciennement édentée, présentant des volumes osseux souvent insuffisants pour l'implantologie ? Dans ce cas, l'utilisation de mini-implants peut permettre la pose de racines artificielles dans des volumes osseux réduits. Et si cela n'est toujours pas possible, il existe différentes astuces permettant au praticien d'améliorer le confort final du patient, telles que la mise en condition tissulaire pré-prothétique, le traitement des hyposialies fréquentes à cet âge, la réalisation de techniques d'empreintes adaptées ou encore l'utilisation rationnelle des crèmes adhésives ...

Docteur Alain GAMBIEZ

Docteur Grégoire MAYER